top of page
Vieux livre

Chroniques du Pajares. Georges Alvarez

  • 25 janv.
  • 3 min de lecture

L’exil espagnol en héritage

Après Les eucalyptus bleus (Le Faucigny 12/01/2023), La fontaine de Covadonga (Le Faucigny 25/10/2024), Georges Alvarez publie Chroniques du Pajares, dernier opus de sa trilogie mémorielle entre Annecy et les Asturies espagnoles.

 

Georges Alvarez est né à Annecy en 1953. Il est fils de réfugiés politiques espagnols. Après une scolarité à l’école des Fins, puis au Lycée Berthollet, il s’inscrit à la faculté de Grenoble. Professeur, agrégé d’espagnol, il enseigne d’abord à Bourgoin-Jallieu avant de revenir dans la région et d’enseigner aux Lycées, Beauregard, Baudelaire et enfin Berthollet. Les Annéciens le connaissent pour avoir été président de la biennale du cinéma espagnol. En novembre 2022, Georges Alvarez publie, Les eucalyptus bleus, évocation de son enfance dans les années soixante, entre Annecy et un petit village des Asturies espagnoles, Fresno. Une histoire commune à celle de nombreux immigrés espagnols annéciens, qui connurent, après l’exil, l’arrivée à Annecy dans les squats du vieux château d’Annecy et les baraquements du quartier de la Prairie, surnommé Chicago, de triste réputation. Le deuxième tome, La fontaine de Covadonga, paraît en 2024 et relate l’exode des réfugiés espagnols, en 1949, à pied à travers les Pyrénées après avoir survécu caché dans le Barrio Chino (quartier chinois) puis dans les bidonvilles du Montjuic à Barcelone. Avec ce troisième opus, l’auteur conclut sa trilogie asturienne par ces chroniques du Pajares inspirées de son histoire familiale, traversant des époques troublées de l’Espagne, de 1880 à nos jours. Un roman qui nous fait revivre des épisodes en lien avec ce lieu de légende, comme sa traversée épique en voiture dans les années soixante, les combats de la Commune révolutionnaire d’Octobre 34, le retour de la Vierge des Asturies après la Guerre civile, la construction, en 1880, de la ligne de chemin de fer perforant la cordillère, ou encore les fosses communes de la guerre et ses corps enfin exhumés.

 

Quelle était votre motivation lorsque vous avez débuté la rédaction de cette trilogie ?

 

G.A. : L’écriture a surgi comme un besoin de transmettre à mes enfants et petits-enfants, mon histoire, celle d’un enfant d’émigrés politiques espagnols qui ont débarqué en Haute-Savoie. Le besoin de raconter le monde dans lequel j’ai grandi, ce que j’ai vécu : l’ostracisme, la difficulté de s’adapter lorsque l’on appartient à deux cultures. J’ai mis une dizaine d’années à écrire le premier tome. L’écriture a commencé comme un testament douloureux, d’une écriture éreintante, le livre s’est transformé en un plaisir d’écrire et en hommage universel aux exilés, à la double culture. Enfant, je vivais ma double culture comme un fardeau. J’avais beaucoup de complexes par rapport aux Français. Les Français étaient chez eux, ils avaient une langue parfaite, ils avaient une famille qui était au courant de tout, qui participait aux réunions parents-professeurs…

 

Mettre sur le papier votre histoire personnelle a-t-elle eu un effet sur vous ?

 

G.A. : Oui, cela m’a apaisé. J’ai moins les idées qui bouillonnent à propos de cette période, de mon enfance, de la double culture. J’ai trouvé une certaine sérénité. On traîne tous des névroses, des tas de choses transmises par nos parents. Nos parents nous ont toujours parlé de la guerre, des difficultés, de la misère… Écrire cette histoire commune à de nombreux enfants de réfugiés espagnols c’est avancer en connaissant son passé, assimiler ce qui a pu se passer de bien et de mal. Ne pas oublier ceux qui nous ont faits est important. D’un simple récit sur mes deux mondes, sur les gens modestes, que j’ai connus, mais qui m’ont marqué, l’écriture m’a mené à une méditation sur l’homme, l’esprit révolutionnaire et la mémoire. La double culture que je portais enfant comme un fardeau s’est révélée une richesse : deux mondes différents, deux manières de parler, deux manières d’écrire. L’Espagne est riche de son histoire, de sa joie, de son dynamisme.

 


 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
Featured Review
Revenez bientôt
Dès que de nouveaux posts seront publiés, vous les verrez ici.
Tag Cloud

© 2023 by The Book Lover. Proudly created with Wix.com

  • Facebook B&W
  • Twitter B&W
  • Google+ B&W
bottom of page